Avec environ 9,6 millions de kits vendus, MyHeritage DNA arrive troisième derrière AncestryDNA et 23andMe (source : The DNA Geek, consulté le 11 juillet 2026). Mais sa base, plus internationale et mieux implantée en Europe continentale, en fait souvent le meilleur point de départ quand vous cherchez des cousins restés de l’autre côté de l’Atlantique. Voici ce que ce test fait, ce qu’il ne fait pas, et ce qu’il vous en coûtera.
Je ne suis pas un professionnel du laboratoire : je suis un passionné de généalogie qui a commandé plusieurs de ces kits pour remonter sa propre ascendance. Ce qui suit vient de mon expérience et de sources que je cite. Certains liens peuvent nous rémunérer sans surcoût pour vous ; cela ne change pas notre avis.
À qui ce test s’adresse-t-il ? À vous, si vos ancêtres viennent d’Europe continentale et que vous cherchez d’abord des cousins plutôt qu’un simple pourcentage d’origines. Il est moins pertinent si votre famille est installée en Amérique du Nord depuis plusieurs générations : dans ce cas, une base plus fournie de ce côté-ci de l’Atlantique vous rendra souvent davantage de correspondances proches.
Ce que MyHeritage DNA teste, exactement
Comme AncestryDNA et 23andMe, MyHeritage vend un test autosomal. L’autosomal, c’est l’ADN hérité de vos deux parents, remélangé à chaque génération. Il éclaire environ cinq à six générations en arrière et sert surtout à deux choses : estimer vos origines géographiques et trouver des cousins génétiques, c’est-à-dire d’autres testés avec qui vous partagez des segments d’ADN.
Ce test ne suit ni la lignée paternelle stricte — le Y-ADN, qui accompagne le patronyme de père en fils — ni la lignée maternelle stricte, portée par l’ADN mitochondrial. Si votre projet vise précisément le nom Brassard sur dix générations, l’autosomal ne suffira pas seul. Je détaille ces trois usages dans notre page sur l’ADN autosomal, Y et mitochondrial.
La vraie force de MyHeritage : une base plus internationale
La valeur d’un test tient d’abord à la taille et à la composition de sa base de testés : plus elle est grande, plus vous avez de chances d’y croiser un cousin ; plus elle est diverse, plus ce cousin peut venir d’ailleurs que d’Amérique du Nord. Voici les trois grands acteurs, selon les chiffres compilés par The DNA Geek et les rapports investisseurs d’Ancestry (consultés le 11 juillet 2026).
| Service | Taille de la base ⟳ | Orientation géographique | Type de test |
|---|---|---|---|
| AncestryDNA | ≈ 27 millions de profils | Fortement nord-américaine | Autosomal |
| 23andMe | 2ᵉ du marché | Nord-américaine (volet santé) | Autosomal |
| MyHeritage DNA | ≈ 9,6 millions de kits | Plus internationale — Europe continentale | Autosomal |
Chiffres de marché volatils, donnés à titre de repère : ils bougent d’un trimestre à l’autre et sont à réactualiser avant tout achat.
MyHeritage n’est donc pas le plus gros, et de loin. Mais son recrutement européen est son atout réel. Si votre ancêtre a quitté la Normandie ou le Perche — comme le pionnier Antoine Brassard, dont la présence en Nouvelle-France est signalée dès 1636 par l’historien Marcel Trudel dans son Catalogue des immigrants —, vos cousins « restés en France » ont statistiquement plus de chances d’avoir testé chez MyHeritage que chez un service surtout nord-américain. Pour peser les deux côte à côte, voyez notre avis sur AncestryDNA et le comparatif complet des tests d’ascendance.
Comment tirer parti d’une base européenne
Une base internationale ne sert que si vous savez la lire. Trois réflexes m’ont fait gagner du temps. D’abord, notez la localité d’origine indiquée dans l’arbre de chaque correspondance : un cousin dont les racines pointent vers le Perche ou la Normandie vaut de l’or pour une lignée de Nouvelle-France. Ensuite, comparez les segments partagés — quelques centimorgans épars ne pèsent pas comme un long segment continu. Enfin, écrivez à la personne : derrière un pseudonyme se cache parfois quelqu’un qui détient l’acte que vous cherchez depuis des mois.
Méfiez-vous aussi des variantes du nom. L’orthographe des patronymes n’était pas fixée avant le XIXᵉ siècle, et un même aïeul apparaît sous plusieurs graphies selon le curé ou le notaire. Autour de Brassard, on croise Brossard, Brasseur, Brassar, Brassart. Une correspondance ADN peut relier deux branches que cet écart d’orthographe avait masquées dans les index : l’ADN rapproche ici des cousins que la plume d’un curé avait séparés.
Combien ça coûte
À titre indicatif, comptez un kit AncestryDNA autour de 99 $ US, auquel s’ajoute un abonnement pour exploiter pleinement les correspondances (source : Ancestry ; comparatifs DNA Weekly). MyHeritage se positionne souvent un cran en dessous, avec des promotions fréquentes — c’est d’ailleurs une manière de recruter hors d’Amérique du Nord. Les prix bougent vite et les promotions durent peu : vérifiez toujours le tarif du jour avant de commander plutôt que de vous fier à un chiffre lu six mois plus tôt.
La limite qu’il faut nommer
Un test ADN estime des origines et trouve des cousins. Il ne remplace pas la recherche documentaire. Aucun kit ne vous rendra un acte de baptême de 1637 ni un contrat de mariage passé devant notaire. Pour une lignée québécoise, ce sont le PRDH-IGD (plus de 3 180 000 actes des registres catholiques jusqu’en 1861, Université de Montréal) et la collection Drouin (plus de 15 millions d’entrées d’état civil, 1621-1968) qui datent ce que l’ADN ne saura jamais dater.
Autrement dit : l’ADN vous met sur une piste, l’acte la prouve. Une correspondance génétique « probable » reste une hypothèse tant qu’un registre ne la confirme pas. Je préfère vous le dire nettement plutôt que de vous vendre une certitude de filiation qui n’existe pas. Descendre d’Antoine Brassard, cela se démontre acte après acte, pas par une barre de pourcentage sur un tableau de bord.
Et les « armoiries de votre nom » ?
Un dernier mot, car la question revient dès qu’on parle d’ancêtres. Aucun test ADN — et aucun site — ne peut vous livrer « les armoiries de votre nom de famille ». Ce commerce repose sur une confusion qu’il faut défaire : il n’existe pas d’armoiries d’un patronyme. Les armoiries se rattachent à une famille précise, parfois à une seule personne, jamais à tous les homonymes d’un même nom. Deux familles Brassard sans lien de parenté peuvent donc porter des blasons différents — ou n’en porter aucun.
Et posséder des armoiries n’a jamais prouvé la noblesse : des roturiers, des villes et des corporations en portaient aussi (source : Conseil français d’héraldique ; heraldiste.org). Je le rappelle par honnêteté, sans aucun lien avec l’Association des familles Brassard d’Amérique ni avec la Fédération québécoise des sociétés de généalogie, dont je ne suis pas le porte-parole : je reconnais leur travail, je ne parle pas en leur nom.
Mon avis, en une phrase
MyHeritage DNA n’est pas la plus grande base, mais c’est souvent le meilleur premier test pour une ascendance aux racines européennes — à condition de le voir pour ce qu’il est : un point de départ vers l’archive, jamais une preuve à lui seul.
Passer à la pratique ? Les tests s’achètent uniquement sur les sites officiels — méfiez-vous des revendeurs. Comparez d’abord les bases de données : c’est elles qui font la valeur du résultat.
Questions fréquentes
MyHeritage DNA est-il un test autosomal ou Y-ADN ?
C'est un test autosomal, comme AncestryDNA et 23andMe : il lit l'ADN reçu de vos deux parents et éclaire environ cinq à six générations. Il ne suit pas la lignée paternelle stricte (Y-ADN) ni la lignée maternelle stricte (ADN mitochondrial). Pour cibler précisément le patronyme sur de longues générations, il faut un test Y-ADN, expliqué dans notre page dédiée.
Est-ce le meilleur choix pour des racines françaises ou européennes ?
Souvent, oui, comme point de départ. Avec environ 9,6 millions de kits, sa base est la troisième du marché derrière AncestryDNA et 23andMe (source : The DNA Geek, consulté le 11 juillet 2026), mais elle est plus internationale et mieux implantée en Europe continentale. Vos cousins restés en France ont donc plus de chances d'y figurer.
Un test MyHeritage prouve-t-il ma descendance du pionnier Antoine Brassard ?
Non. Un test ADN suggère des cousinages et des origines, mais il ne prouve pas une filiation nommée. La descendance d'Antoine Brassard, présent en Nouvelle-France dès 1636 (Marcel Trudel, Catalogue des immigrants), se démontre acte après acte dans les registres — PRDH-IGD, collection Drouin. L'ADN oriente ; l'archive prouve.
Combien coûte le kit et faut-il un abonnement ?
À titre indicatif, un kit d'ascendance tourne autour de 99 $ US chez le leader, plus un abonnement pour exploiter à fond les correspondances ; MyHeritage se place souvent un peu moins cher, avec des promotions fréquentes. Ces prix bougent vite : vérifiez le tarif du jour avant de commander.