Porter le nom Roy ne dépose aucune couronne sur votre arbre généalogique. Le patronyme vient bien du mot « roi », mais comme surnom médiéval — pas comme titre ni comme lignée. Selon la répartition classique des noms de famille français, environ 16 % des patronymes sont des sobriquets ; Roy (« le roi ») relève de cette catégorie du surnom, non d’une ascendance royale (source : Wikipédia « Nom de famille en France » ; Ancestry). Entre le XIIe et le XIIIe siècle, un aïeul a hérité de ce surnom pour une raison très terrestre : une fête de village, un concours de tir, ou une allure remarquée.
D’où vient vraiment le surnom « Roy »
Commençons par le fait établi. Les noms de famille français se rangent, par convention, en quatre grandes familles d’origine. Roy n’appartient ni aux noms de baptême, ni aux noms de lieu : c’est un sobriquet, un surnom accroché à une personne pour un trait, un rôle ou un épisode de sa vie. Le tableau ci-dessous situe la catégorie à laquelle il appartient.
| Origine | Part estimée | Exemples |
|---|---|---|
| Nom de baptême (prénom) | ~36 % | Martin, Bernard |
| Nom de lieu / localisation | ~30 % | Dubois, Larivière |
| Nom de métier | ~18 % | Pelletier, Charpentier |
| Sobriquet (trait, rôle) — dont Roy | ~16 % | Legrand, Leroux, Roy |
Source : Wikipédia « Nom de famille en France » ; Ancestry ; Geneanet (consulté le 11 juillet 2026).
Quatre pistes pour un même surnom
Pourquoi appeler quelqu’un « le roi » ? L’onomastique retient plusieurs hypothèses — et il faut les tenir pour ce qu’elles sont : des pistes, pas des certitudes pour une famille donnée.
La première piste est festive : dans bien des villages, on couronnait un « roi » pour une journée — le roi de l’Épiphanie qui trouvait la fève, le roi des fous d’un carnaval, ou le vainqueur d’un jeu. La deuxième est le tir : les compagnies d’arbalétriers puis d’arquebusiers proclamaient chaque année un « roi du tir », honneur qui pouvait coller à un homme et à ses fils. La troisième est le service : un domestique, un officier ou un fournisseur attaché à la maison d’un seigneur ou du souverain pouvait être désigné, par raccourci, comme « le roi ». La quatrième est ironique ou admirative : un maintien fier, une prestance, parfois une moquerie, suffisait à faire d’un homme « le roi » du hameau.
Aucune de ces pistes ne suppose la moindre goutte de sang royal. Le surnom devient héréditaire à partir des XIIe-XIIIe siècles (source : Geneanet, « La formation des noms de famille »), puis se transmet comme une étiquette, détachée de la raison qui l’avait fait naître. Retenez la distinction : que Roy vienne du mot « roi » est un fait linguistique ; qu’un Roy précis descende d’un roi est une croyance sans fondement.
Roy, un des noms les plus répandus au Québec
En Amérique française, Roy figure parmi les patronymes les plus portés — aux côtés de noms comme Tremblay, Gagnon ou Côté. Nous avons détaillé ce peloton de tête dans notre relevé des noms les plus répandus au Québec. Cette fréquence n’a rien d’un hasard : un surnom aussi banal que « le roi » a pu naître, indépendamment, dans des dizaines de paroisses de France.
Un même nom, des souches multiples
Cette fréquence a une conséquence directe sur votre recherche : il a existé de nombreux « Roy » sans lien de parenté entre eux. Deux familles Roy peuvent n’avoir aucun ancêtre commun, même à quelques villages de distance. C’est ici que la généalogie documentaire prend le pas sur l’intuition. Un test Y-ADN suit bien la lignée paternelle — donc le patronyme (source : documentation généalogique standard) —, mais tant de souches distinctes signifie qu’un nom partagé ne prouve jamais, à lui seul, une parenté partagée.
Roy, Roi, Leroy, Rey : les variantes
Avant le XIXe siècle, l’orthographe des noms n’était pas fixée : un même ancêtre apparaît sous plusieurs graphies selon le curé ou le notaire qui tenait le registre. Autour de « Roy », on rencontre notamment les formes suivantes.
| Forme | Remarque |
|---|---|
| Roy | Graphie la plus répandue, très courante au Canada français |
| Roi | Graphie « pleine » du mot, plus rare à l’état civil |
| Leroy / Le Roy | Forme avec article, fréquente dans le Nord et l’Ouest de la France |
| Leroi | Variante avec article, plus rare |
| Rey | Forme méridionale (occitane, catalane) de « roi » |
Principe des variantes : orthographe non fixée avant le XIXe s. ; formes à confirmer registre par registre (PRDH, collection Drouin). Méthode maison à partir des sources onomastiques.
Un Roy pouvait aussi porter un dit-nom, ce surnom accolé au patronyme si fréquent au Canada français. Nous expliquons ce mécanisme dans notre page dédiée pour comprendre les noms « dit » : un « Roy dit… » relève de la même logique de surnom, à un autre étage.
Non : il n’existe pas d’« armoiries du nom Roy »
Point important, et souvent monnayé en ligne. On vous vendra volontiers « le blason de la famille Roy » ou « les armoiries de votre nom ». C’est un abus. Les armoiries se rattachent à une famille précise, jamais à un patronyme partagé (synthèse à partir du Conseil français d’héraldique ; heraldiste.org). Deux familles Roy sans lien peuvent posséder des armoiries différentes — ou n’en avoir aucune.
Et même lorsqu’une famille en portait, cela n’a jamais prouvé la noblesse : villes, corporations, ecclésiastiques et roturiers ont arboré des armoiries ; figurer dans l’Armorial général de France de 1696, un recensement fiscal ordonné par Louis XIV, n’était en rien une preuve de noblesse (source : heraldiste.org ; Conseil français d’héraldique). Une armoirie est personnelle ou familiale — jamais l’attribut automatique d’un nom.
Comment vérifier VOTRE lignée Roy
Le seul moyen de savoir d’où viennent vos Roy, c’est de remonter les actes, un baptême, un mariage, une sépulture à la fois. Voici où chercher, du gratuit au payant.
Côté gratuit, la BAnQ donne accès aux registres de l’état civil numérisés, de la Nouvelle-France jusqu’à 1925 (source : banq.qc.ca). Le Fichier Origine, tenu par la Fédération québécoise des sociétés de généalogie, recense plus de 6 670 pionniers (nov. 2025) et reste libre d’accès (source : fichierorigine.com). Côté payant, le PRDH-IGD de l’Université de Montréal reconstitue plus de 3 180 000 actes catholiques jusqu’en 1861, à la requête (100 requêtes pour 19,99 $ CAD ; source : prdh-igd.com, consulté le 11/07/2026). La collection Drouin (plus de 15 millions d’entrées, 1621-1968) est accessible sur Généalogie Québec par abonnement, 19,95 $/mois ou 160 $/an (source : genealogiequebec.com, consulté le 11/07/2026).
Certains liens peuvent nous rémunérer sans surcoût pour vous ; cela ne change pas notre avis.
Un test Y-ADN suit la lignée paternelle, donc le patronyme, et peut relier des Roy entre eux ; mais il n’apporte ni dates ni lieux, et ne remplace pas les registres. Pour une lignée québécoise, ce sont le PRDH et Drouin qui datent ce que l’ADN ne peut pas dater. Une dernière prudence, enfin : aucun service ne vous livrera une filiation « clé en main » garantie. Chaque génération se prouve, acte après acte — et l’honnêteté d’une recherche tient autant à ce qu’elle démontre qu’à ce qu’elle laisse en suspens.
Note : ce site est un travail de passionné, distinct de l’Association des familles Brassard d’Amérique et de la Fédération des associations de familles du Québec ; il n’en est ni la voix ni le prolongement.
Questions fréquentes
Le nom de famille Roy indique-t-il une ascendance royale ?
Non. Roy vient du mot « roi », mais comme sobriquet médiéval : environ 16 % des patronymes français sont des surnoms de ce type (source : Wikipédia « Nom de famille en France » ; Ancestry). L'ancêtre a pu être couronné « roi » d'une fête ou d'un concours de tir, être au service d'un seigneur, ou porter ce surnom pour son allure. Aucune de ces origines ne suppose du sang royal.
Roy, Leroy et Rey sont-ils le même nom ?
Ce sont des formes proches du même mot « roi ». Leroy et Le Roy ajoutent l'article et sont fréquents dans le Nord et l'Ouest de la France ; Rey en est la forme méridionale (occitane, catalane). Comme l'orthographe n'était pas fixée avant le XIXe siècle, un même ancêtre peut apparaître sous plusieurs graphies : à vérifier registre par registre (PRDH, Drouin).
Existe-t-il des armoiries officielles de la famille Roy ?
Il n'existe pas d'armoiries d'un patronyme. Les armoiries se rattachent à une famille précise, jamais à un nom partagé : deux familles Roy sans lien peuvent avoir des blasons différents, ou aucun. Les « armoiries de votre nom » vendues en ligne sont un abus commercial. Rappelons aussi qu'avoir des armoiries n'a jamais prouvé la noblesse (source : Conseil français d'héraldique ; heraldiste.org).
Comment savoir de quel ancêtre Roy je descends ?
En remontant les actes un par un, sans sauter de génération. Commencez par les ressources gratuites (BAnQ jusqu'à 1925, Fichier Origine), puis, si besoin, le PRDH-IGD (plus de 3 180 000 actes jusqu'en 1861) et la collection Drouin sur Généalogie Québec (1621-1968). Un test Y-ADN peut relier des porteurs du nom, mais ne remplace pas les registres et ne garantit aucune filiation.